11 Nov 2025 #recherches #hackerspaces
Conférence à l’Ecole Supérieure d’Art d’Annecy en décembre 2025
Cette conférence s’appuie sur deux outils de présentation visuelle et textuelle : des images et une carte mentale Mind Map et un petit projet Twine.
Pour cette conférence, j’ai souhaité partager une sorte d’état des lieux de ma recherche actuelle.
[Quelques images de travaux passés]
Je suis en DSRA depuis bientôt 3ans, après avoir terminé mon master dans cette même école en 2018. J’ai fais pas mal de choses pendant ces 8ans avec ma casquette d’artiste. Des expositions, des rencontres, des déménagements, des résidences, des ateliers avec des enfants, mais aussi des petits boulots pas très intéressants, des demandes CAF, des factures, des créations d’associations (pole emploi, falsification de dossier d’appart, écrit des chèques de loyer d’atelier, tiré du matos à l’entrepot du bricolage, monté des dossiers de subvention, préparé des repars pour 50 personnes et plusse, organisé des soirées, fait des dépenses/recettes, appelé 12 fois la maison des artistes et 134 fois l’urssaf limousin), répondu à environ 80 appels à projets,. Bien sûr, pendant tout ce temps j’ai “fais de l’art” aussi, beaucoup. Jusqu’à ce que je m’interroge sur ce que cela voulait dire. (et là grosse crise existentielle) Ou plutôt que je me questionne de manière “métaphysique” sur ma pratique, mes pratiques, leurs impacts. Un truc qui devrait être un uppercut et qui des fois, souvent, se transforme tout simplement en un moment qui passe.
J’ai choisi de “faire de la recherche” pour prendre le temps de regarder les questions qui me traversent; ce n’est jamais aussi simple que ça, on a jamais le temps, vraiment. Donc voilà au bout de ces quelques années, je fais un point sur les choses qui me traversent et sur lesquelles j’aime réfléchir. Le truc c’est que je suis assez “touche-à-tout” (comme dirait ma mère) donc des fois c’est compliqué de se focus sur un point et souvent les gens me disent qu’iels ne comprennent pas vraiment où je vais. Quand “je fais de l’art” en général c’est à l’aboutissement d’un projet qu’on me dit “ah oui c’est bon, j’ai tous les liens, les enchevêtrements, ça fait (à eu près) sens”. Ca rend parfois difficile le processus de création/production, car on attend de voir ce que ça va donner avant de me donner de l’argent (et du temps).
Je vais commencer un petit récap chronologique pour arriver à aujourd’hui et énoncer les points d’entrée / mots-clefs qui m’occupent aujourd’hui et je vais m’aider de cette espèce de page web/blog en guise de powerpoint. Ensuite, quand vous en saurez un peu plus, j’aimerai bien qu’on discute, que vous me partagiez des choses aussi. Je mets à disposition un “chapeau”, à tout moment vous pouvez y déposer une question, une réflexion, un conseil, ce que vous voulez. On les lira ensemble par la suite. Si vous voulez intervenir pendant que je parle n’hésitez pas également !
–>En 2021, je me suis réinstallé dans la région avec un projet de thèse que j’ai soumis à la Head à Genève. C’était très sérieux j’ai écrit 30 pages pour expliquer que je m’intéressait à l’art interactif, que je faisais des installations interactives et que je me demandais comment ça impactait (uppercut) le public. Sujet intéressant mais qui n’a pas été sélectionné pour faire l’objet d’une thèse car trop basé sur la pratique. Après tout je suis artiste, je pense avec mes mains donc bon. C’est à ce moment là que Laurent Faulon cherchait un nouveau candidat à accompagner en DSRA et m’a invité à postuler. [SLIDES Images dithered de mes boulots]
—> Le projet de thèse sur l’interactivité mis un peu de côté, j’ai redébarqué à l’esaaa avec un projet d’études autour des collectifs. Cela faisait un moment que j’expérimentais avec la snm et que je participais aussi à d’autres petits collectifs comme par exemple IMOW (que vous connaissez). Le projet de DSRA était plus flou mais m’offrait la possibilité de naviguer plus librement et d’expérimenter.
–>Quelques mois après je déménage à Marseille et mon quotidien se remplis de rencontres, de nouveaux collectifs, de nouvelles pratiques… Je suis tout d’abord aller rencontrer Chloé Desmoineaux au Fluidspace, un hackerspace transféministe qui cherchait encore ses adeptes. Premières rencontres un peu timide, je me sens geek au fond de moi mais pas légitime, après tout je ne fais que bricoler des installations et je m’intéresse aux technologies mais j’ai tout appris sur le tas et je ne suis pas spécialiste. Ca tombe bien ce lieu est fait pour ça ! Et en mixité choisie “dissidentexs de genre” (…) D’une pierre deux coups, j’affirme d’un coup mon identité queer et geek. Au même moment je co-fonde l’atelier Kalorik, qui deviendra mon espace de travail pendant ces trois dernières années. Une expérience collective et humaine à bien des niveaux, il faudrait trois heures pour en raconter l’histoire. Le Fluidspace vient s’installer à Kalorik quelques mois plus tard et je devient un membre actif des sessions fluides du mercredi soir. Ce lieu Kalorik et mon entrée dans le Fluidspace sont les deux pierres angulaires de ce que j’ai tenté de développer par la suite. Ces deux espaces de commun et collectif qui me challengent et m’ouvrent aussi beaucoup de portes et de rencontres. [site Fluidspace et photos de Kalorik]
Kalorik me confronte à mes désirs de collectifs et d’autonomie et m’offre un espace d’expérimentation et des moments d’intenses réjouissances. Le Fluidspace m’ouvre un grand champ, jusque là inconnu mais auquel j’appartiens entièrement et c’est un immense bonheur : les hackerspaces et tous les autres collectifs qui gravitent autour. C’est aussi un espace, j’y découvre et y développe de nombreuses pratiques qui traversent plus ou moins ma pratique artistique ou se fondent en elle.
Hackerspace : - déf hackerspace - > on y bricole/détourne/répare - rencontres milieux + militants - développement de pensée technocritique - rencontres nécessités d’autres collectifs (antifa, queers, transfeministes) car les tech sont des endroits de pouvoir.
C’est aussi un collectif qui a donc ses propres questionnements et besoins de structuration (orga..); dans le cas du FLuidspace il arrive qu’il y est des moments plus “créatifs” que d’autres donc la question “comment on créer ensemble ?” revient dans ce contexte également.
La nécessité d’être identifié comme “artiste” devient moins présente et je me demande parfois comment me définir, m’autodéterminer. Cela m’a fait me questionner sur mes positionnements face aux institutions, qu’elles soient “officielles” ou “alternatives”, de l’art.
—-> Je quitte le fil chronologique, disons qu’on est entre 2023 et maintenant, vous avez une petite idée de mon parcours et de où je suis actuellement.
Mais alors qu’est ce qui m’intéresse ? Collectif - Hackerspace - Posture d’artiste -
[[[S’ouvre également deux sujets - que l’on nommera ici Technocritique et Ecologies - qui ont toujours été en filigrane de ma pratique plastique et sur lesquels j’ai même parfois écrit. L’approche critique des technologies me paraît essentielle, et presque inutile à expliciter pour le moment, au vu du contexte dans lequel nous baignons. D’autant plus lorsque celles ci sont impliqués comme outils, sujets ou éléments dans une pratique artistique.
L’écologie, que je préfère au pluriel, est indissociable de ce que je projetterai comme perspective enviable de reconstruction de mondes. Les écologies nous permettent d’aborder les choses de façon non-globales, spécifiques et appliquées à d’autres domaines que celui de la “santé environnementale”, le social notamment et nos manières de relationner, d’humain à humain et avec d’autres entités vivantes. ]]]
–> Queer (Mon identité queer est en filigrane de tout ça, c’est à la fois un liant et un vecteur de lien, d’appartenance. Je suis à l’intérieur) [[[ déviance (déplacement&ramifications) != marges (inerte) ]]]
—-> A partir de ce moment, je pourrais vous parler de bien des sujets; on a déjà abordé pas mal de choses; J’ai l’impression qu’il y a des périodes “dans la recherche” où les choses sont éparpillées, comme dans une chambre en bordel, et qu’il est difficile de voir un sujet précis se détacher. Donc pour la suite, je vous propose que l’on choisisse ensemble un sujet.
Petite parenthèse : je profite de cette conf pour essayer des choses et structurer ma pensée, j’essaie aussi de vous montrer quelques outils que j’aime bien au passage. Par exemple, après avoir naviguer sur cette mind map faite sur freeplane et intégrée à mon blog-en-devenir réaliser sur Jekyll, on va continuer sur un petit moteur (de jeu) qui s’appelle Twine. Ca permet d’écrire des fictions interactive avec différentes branches (livre dont vous êtes le héros) c’est assez pratique pour écrire vite et tester des déroulés. On rajouter aussi des images et des interactions, et surtout j’ai découvert une sacré communauté derrière cet outil, qui l’utilise, le développe, l’augmente de fonctionnalités… Bref ça c’est un sujet à part entière mais j’ai une certaine fascination, et un appétit, pour les logiciels libres et l’open source :)).