Recherches, la base du web ?
28 Jan 2026
#recherches
#outils
J’ai l’impression de passer énormément de temps à faire des recherches d’outils adaptés à mes besoins (on parle ici plutôt d’outils numériques, de logiciels..). Ce n’est probablement pas qu’une impression au vu du nombre de sites, forums, tuto, tiers listes et posts reddit sur lesquels je tombe, quelque soit le sujet de ma recherche. C’est un des usages centrals dans nos pratiques quotidiennes du numérique : la recherche. Il y a probablement un fil à tirer de là, car sémantiquement cela vient recouper la question de “la recherche” au sens scientifique/académique, c’est aussi un vecteur dans la transmission et le partage de connaissance (curiosité <–> recherche <–> ‘résultat’ / proposition de connaissance) et c’est, donc, une notion fondamentale dans la pratique de l’internet (gloire aux moteurs ᯓ ᡣ𐭩 (de recherche)).
flowchart LR
A[besoin ou problème] <--> B[recherche]
C <--> |Partage de connaissances|A
B <--> |Partage de connaissances| C[réponse à la recherche ou résultat]
Des pendants
- A ce stade, je commence également à faire le lien entre la manière nerd d’aborder ces choses et les pratiques artistiques expérimentales : apprentissage par la confrontation à des problèmes, la recherche de solutions puis s’il n’existe pas d’outil satisfaisant, invention/création de l’outil “sur-mesure”.
Internet est devenu un espace hyper-prolifique, foisonnant de petits outils, de mini logiciels, de pluggins, d’api, de “hacks”, de “forks”,… Parfois dont les utilités ou l’usage même restent flous ou demandent d’être déjà connaisseu. En miroir, les artistes établissent parfois des connections hasardeuses et refabriquent des outils, soit existants mais peu accessibles, soit le process même de la fabrication de l’outil devient, là aussi, un “fork” avec sa petite touche personnelle : pour u céramiste par exemple le fait de fabriquer son émail afin d’en expérimenter les différentes variantes et réactions. Le processus a alors une double utilité : celle d’être plus indépendant dans sa production et aussi celle de l’ajout d’un élément sensible contenant sa propre histoire de fabrication, une intentionnalité et un sens (narratif ou conceptuel) qui devient intrinsèque à la matière. Ce “sens” est différent de l’intention (qui est préalable à la fabrication et ne nécessite pas d’être expérimentée par la main de l’artiste) et doué d’une certaine complexité relevant, variablement en fonction de l’objet et de l’artiste, du contexte, du temps, de l’origine des matières premières, de la phase d’expérimentations qui l’a précédé, …
Se perdre dans la recherche
- J’ai une appétence pour la recherche d’outils et la lecture de commentaires extrêmement longs dans les forums d’entraide. Cela répond à une forme de curiosité, même si la plupart du temps une recherche de plusieurs heures n’aboutie pas à une solution particulière. C’est en ce sens que je ne dirais pas que je surfe sur le web, je dirais plutôt que la plupart du temps je m’y perds dans l’exploration de recoins. Ces périodes de recherches (souvent distillées sur plusieurs jours/semaines) me paraissent souvent être comme des sortes d’enquêtes où je rencontre des personnes et apprends à connaître leurs usages. Des fois avec étonnement je découvre des pratiques, d’organisation, d’écriture, de fabrication,… Un peu comme on découvrirait des blogs de recettes de cuisine, sauf qu’ici les recettes partagées utilisent souvent plusieurs programmes, opèrent des basculements, des synchronisations et des import/exports entre différents logiciels pour manipuler de la donnée, en créer, en récupérer et en transformer. (la comparaison avec des recettes de cuisine n’est pas faite au hasard, il m’arrive bien sûr de chercher comment cuisiner certaines choses sur le web, et je suis rarement la recette au pied de la lettre)
- Dans ma recherche d’outils, il y a un critère qui est maintenant devenu systématique : le libre, l’open-source. Probablement que la plupart de mes besoins pourraient être satisfaits par des logiciels dits “propriétaires”, mais j’ai compris au fur et à mesure de mes expériences que les logiciels propriétaires fermaient de nombreuses portes à la créativité et à la divergence, leurs cadres sont bien trop délimités, même lorsque l’on ne va pas bidouiller le code source. Au départ, comme beaucoup, la question économique imposait le critère de la license libre et surtout gratuite mais vécu avec un certaine inconfort, face aux interfaces parfois austères et aux habitudes prises sur les logiciels auxquels j’avais pu être form.
Ce qui se bricole dans le logiciel libre a cela d’intéressant que tout n’est pas instantannément disponible mais est rempli de potentialités et le champ des possibles est vaste lorsque le développement n’est pas caché derrière un joli paquet et une belle interface.
Retour à la recherche
Dans un article qui va me faire digrésser intitulé “Pourquoi n’y a-t-il pas de Google européen ? Et pourquoi c’est une bonne chose.”, ploum nous parle en quelques phrases de l’intégration de la recherche dans le web déjà existant.
Car si Internet, interconnexion entre les ordinateurs du monde entier, existait depuis la fin des années 60, aucun protocole ne permettait de trouver de l’information. Il fallait savoir exactement ce que l’on cherchait. Pour combler cette lacune, Gopher fut développé aux États-Unis tandis que le Web, combinaison du protocole HTTP et du langage HTML, était inventé par un citoyen britannique et un citoyen belge qui travaillaient dans un centre de recherche européen situé en Suisse. Mais, anecdote croustillante, leur bureau débordait la frontière et on peut dire aujourd’hui que le Web a été inventé en France.
L’article : https://ploum.net/2023-06-27-un-google-europeen.html
Le collaboratif et l’algorythme
Une remarque qui m’accroche car le “google” est aujourd’hui un monstre bien connu mais on en questionne rarement nos usages et leurs impacts. Je fais partie de ces personnes qui aiment avoir des marques pages et connaitre un certain nombre d’url par coeur pour goûter le plaisir de les taper “à la main” dans la barre d’adresse de mon navigateur. Je me rend compte que cette pratique est relativement marginale, autour de moi on utilise la commande vocale, des prompts à chat gpt, ou le clic rapide sur insta et google maps pour obtenir les informations nécessaires de manière égale pour faire ses courses, prendre un transport en commun, lire les actualités ou trouver une solution à un problème de mécanique auto. Or, que ce soit google ou chat gpt, ces moteurs nous renvoie en premier lieu vers les sites à “haut score” par rapport à leurs propres critères. Des algos charbonnent derrière avec pour carburant des masses de datas (et sont donc influençables) pour déterminer la fiabilité et la pertinence d’un site.
Il ne fera pas apparaître ce blog sur sa première page a priori car il ne reflète pas un contenu “hégémonique” et très consulté Contrairement a des fonctionnements collaboratifs et de recoupement (comme Wikipedia, par exemple), google est fondé sur un tri arbitraire et de calcul.
Il y a de très bons articles, bien mieux écrits et documentés que celui-ci sur la toile (j’en déposerai quelques uns ci-dessous), mais c’est une attention à conserver dans la fabrication de nos pratiques (comme on pourrait s’accorder sur le fait de manger bio et local?). Une pièce de plus à ajouter à la question “Quel projet de politique numérique voulons nous voir se construire ?” et j’ajouterai à quel projet culturel et de pensée voulons-nous contribuer?